Trois questions à Faten Dubarry, Directrice des partenariats News chez Google pour la France, le Moyen-Orient et l’Afrique.
Avec le lancement récent des Aperçus IA et Mode IA en France, comment Google répond-il aux nouvelles attentes des utilisateurs tout en préservant le poids des éditeurs locaux ?
« L’introduction des Aperçus IA et du Mode IA au sein de la Recherche Google répond directement à une transformation profonde des comportements de recherche des internautes. Initiés aux États-Unis en mai 2024, les Aperçus IA franchissent désormais la barre des 2,5 milliards d’utilisateurs mensuels tandis que le Mode IA dépasse le milliard. Ces fonctionnalités permettent d’apporter des aperçus synthétiques à des requêtes complexes, qui s’avèrent jusqu’à trois fois plus longues avec le Mode IA, tout en ayant la possibilité d’approfondir le sujet grâce à des questions complémentaires et des liens pointant vers le Web.
En amont du lancement de ces outils en France le 22 juillet 2026, nous avons proactivement échangé avec les éditeurs de presse pour présenter notre démarche. D’abord, le choix et le contrôle : dès le 15 juillet, nous avons déployé dans la Search Console l’outil SNG, qui leur permet de décider d’apparaître ou non dans les réponses génératives, sans impact sur leur référencement SEO. Ensuite, la transparence, avec des rapports dédiés dissociant les impressions de l’IA de la recherche classique. Enfin, la rémunération au titre des droits voisins, conformément à nos engagements de 2022 pris auprès de l’Autorité de la concurrence, grâce à une méthodologie de calcul actualisée pour prendre en compte précisément les impressions au sein de ces nouvelles fonctionnalités. »
Quel est l'impact réel de ces évolutions d'intelligence artificielle sur le trafic des éditeurs de presse, et comment valorisez-vous la qualité éditoriale sur vos plateformes ?
« Google conçoit la recherche générative comme un outil d’orientation de l’internaute : nos réponses intègrent des liens pour l’inciter à approfondir sa lecture. L’étude Reuters Institute confirme d’ailleurs cette forte propension à l’engagement : parmi les utilisateurs de chatbots IA pour l’actualité, 78 % cliquent vers la source originale pour en savoir plus, garantissant ainsi un trafic hautement qualifié vers les sites des éditeurs.
Pour valoriser la presse de qualité, nous avons également déployé plusieurs innovations intégrées en Recherche. La fonctionnalité “Sources Préférées”, lancée en France le 30 avril 2026, permet aux internautes de sélectionner leurs médias favoris pour les mettre en avant dans le Moteur de Recherche et au sein des Aperçus IA.
De plus, le mécanisme “Association d’abonnement” (Subscription Linking), ouvert en bêta le 1er juillet 2026 pour nos partenaires de presse, permet aux lecteurs payants d’associer leurs abonnements à leur compte Google. Enfin, le déploiement du “Fréquemment Cité” (label Highly Cited) permet de signaler et de valoriser les contenus à forte valeur éditoriale. »
Face aux mutations rapides de la consommation de l'information, notamment chez les jeunes qui se dirigent de plus en plus vers la vidéo et les créateurs de contenu, comment Google soutient-il la résilience des rédactions de proximité ?
« Le rapport Reuters Institute de 2026 met en lumière un tournant générationnel : les moins de 35 ans privilégient les formats vidéo et sociaux, et 35 % d’entre eux consomment régulièrement des formats d’actualité longs. Parallèlement, 29 % des Français s’informent désormais auprès de créateurs. YouTube est utilisé par 58 % des 18-24 ans comme canal d’information.
Pour aider les rédactions de proximité à s’adapter et à libérer le temps nécessaire à ces nouveaux formats, Google investit de manière ciblée dans des outils d’assistance technologique et d’IA. Les solutions d’investigation comme Pinpoint ou de synthèse avancée comme Gemini Notebook permettent d’analyser des sources complexes en un instant.
En outre, cet accompagnement se traduit concrètement à travers notre programme de formation à destination des membres de l’APIG. En 2026, nous avons proposé des formations sur l’intégration de l’intelligence artificielle dans les pratiques éditoriales. Le programme a notamment combiné la prise en main d’outils IA appliqués au journalisme, l’analyse de données, ainsi que la création de prototypes adaptés aux besoins des rédactions. »


